Terre à terres, artisan potière - Art de la table, décoration, suspensions.

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Bols, pichets, saladiers et verres naissent d’une valse entre la terre et mes mains.
Au premier temps, la terre est boule, elle tourne, elle file, souple et rapide sous mes doigts. Parfois blanche, parfois rouge, toujours grès. D’une boule, je fais un bol, un pichet, un saladier, selon mon humeur, mon envie ou mes commandes. Mes pouces creusent, mes doigts affinent les parois et creusent leurs sillons dans l’argile fraîche. La terre monte, la pièce prend vie, giron d’une boîte, ventre accueillant d’un bol ou majesté d’un plat. La sensation du tournage est unique. Le jour où je l’ai éprouvée pour la première fois, j’ai su que j’avais trouvé un beau chemin de vie à aller explorer.

Au second temps, quand la terre a durci, je sculpte, j’assemble, je tournasse, je découpe.
Les pieds sortent de terre, les culs des bols s’arrondissent, les boîtes trouvent leur couvercle et les anses s’étirent contre les pichets. C’est le moment où s’accolent mes coupelles et saladiers, où ils tombent amoureux. C’est à cette étape que je fais sortir de la terre arbres et branches enchevêtrées qui transforment mes pots lisses et pleins en une dentelle aérienne.



Après un premier passage par le four, les pièces sont dures, mates et nues, encore dépouillées et sans décor. C’est alors le troisième temps de notre histoire.
Je plonge les pièces dans mes émaux, je les arrose, je les prépare à l’épreuve du feu, dont elles sortiront abouties. Dans la rougeur du four, l’émail va fondre pour ne faire plus qu’un avec la terre de mes pots. Une naissance dont je ne suis pas tout à fait maître, c’est la surprise du potier. Je ferme le four et j’abandonne mes pièces à la chaleur. J’ouvre mon four, deux jours après, parfois un peu plus tôt lorsque je suis pressée, pour découvrir enfin mon travail fini.

C’est pour tous ces instants, ces sensations et ces bonheurs que j’ai choisi la vie de potier.

En quelques dates :
1971 : j’arrive sur cette terre
1993 : maîtrise d’informatique à Paris XI
1994 : licence d’histoire de l’art à la Sorbonne
1991-2001 : journaliste presse écrite
2003 : CAP de tournage en céramique au Cnifop
2004 : installation en Auvergne
2005 : ouverture de l’atelier Terre à Terres

 
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